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Synthèse des Réunions d’Initiative Locale dans le cadre du Grand Débat National

Synthèse des Réunions d’Initiative Locale dans le cadre du Grand Débat National

Dans le cadre du Grand Débat National à l’initiative du Président de la République, la commune de Saint-Paul a organisé trois réunions d’initiative locale le samedi 23 février (salle polyvalente de l’Étang de 9h à 12h), le samedi 2 mars (salle polyvalente de Plateau Caillou de 9h à 12h), le samedi 9 mars (mairie annexe de La Saline-Les-Bains de 9h à 12h). Environ une centaine de personnes était présente au total sur ces trois réunions ouvertes à tous.
Les personnes présentes ont pu échanger leurs idées, et débattre, autour des quatre grands thèmes du Grand Débat National : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté puis l’organisation de l’État et des services publics. D’autres thèmatiques ont également été abordés lors de ces réunions. Dans le but de délivrer un compte-rendu transparent et fidèle à la réalité, une synthèse a été élaborée ainsi qu’un compte-rendu retranscrivant les propos des débats. Ce dernier est divisé en trois parties : les thématiques ; les constats, ressentis et questions ; les propositions. 

Les éléments exposés ici sont « extraits » des éléments de contexte observés in-situ dans les réunions d’initiative locale Saint-Pauloises. Ils complètent le livrable final, qui, conformément à la commande, met lui en perspective les éléments du « verbatim », avec les catégories proposées dans le cadre national pour analyser les échanges collectés dans les 3 territoires proposés par la Ville.

Nous proposons un éclairage synthétique sur  le contexte et la typologie des publics, les thèmes abordés et les principales attentes formulées. Il convient de constater que tous les sites offrent des types de réunions différents, reflets de la diversité des publics, des situations sociales économiques et démographiques de chacun de ces territoires. Il apparaît aussi que la fréquentation des réunions proposées sur la commune dans le cadre de ce grand débat reste régie essentiellement par le bouche à oreille, quel que soit le réseau emprunté (association, partis politiques, mouvements divers, institutions, …), même si certains ont pu avoir recours à d’autres moyens d’information (site internet, affichage en mairie, CLD, …). La réelle participation « spontanée » de la « société civile » dans ce contexte est dès lors difficile à évaluer. Cela apparaît notamment dans les effectifs présents constatés puis dans le climat général de la réunion. Les caractéristiques majeures des participants directement observables concourent à noter ces différences (âge, CSP déclarées, langue majoritairement utilisée…).

L’ensemble des trois réunions organisées par la Ville sur les sites de la salle polyvalente de l’Etang, celle de Plateau caillou et à la mairie annexe de La Saline a réuni environ une centaine de personnes.

Les thématiques ont toutes été abordées ainsi que des sujets spécifiques liés au micro-territoire salinois. Les thématiques sont présentées avec les pistes de solutions en gras :

1. Thématiques libres

 

  • Le débat : Les participants sont majoritairement sceptiques, mais aussi curieux, par rapport à la prise en compte réelle de l’expression citoyenne. Ils demandent que le compte rendu de leurs échanges soit mis en ligne au niveau communal et national. Ils regrettent la faible participation et critiquent la communication et l’information qui seraient mal faites autour de ce dispositif. Ils sont toutefois satisfaits que cet espace de parole soit proposé et demandent une forme de pérennisation. Certains disent l’importance de leur mobilisation et de la prise de conscience citoyenne.
  • L’emploi : Les échanges ont porté sur les difficultés d’accès à l’emploi pour les jeunes diplômés et aux stages en entreprises pour ceux qui sont encore scolarisés, la préparation des jeunes à l’employabilité, la préférence régionale qui devrait être appliquée ici, le favoritisme qui est toujours de mise dans les recrutements communaux, la fin des emplois aidés, l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi, le manque de relations entre Education-Formation et entreprises, le revenu universel à instituer, la supposée préférence de certains pour l’assistanat plutôt que pour le travail…
  • Le coût de la vie : Cette thématique n’a été évoquée que sous l’angle des lobbies (monopoles) qui seraient favorisés par une éventuelle prise en charge du coût du fret par La Région.
  • La pauvreté et la solidarité : Les participants ont rapporté les situations de grande précarité qu’ils voient sur le terrain, les difficultés des familles à finir le mois. Ils ont insisté sur le rôle des associations dans le repérage, l’accueil et l’accompagnement des plus démunis. En dénonçant l’attitude de l’État qui se défausse de cette mission sur le bénévolat, ils souhaitent un partenariat plus fort et plus reconnu entre le monde associatif et le municipal. À l’heure où tout le monde est interconnecté numériquement, les participants parlent de la perte de la solidarité de voisinage et de la diminution des relations humaines.
  • L’éducation et l’intergénérationnel : Le groupe de La Saline-Les-Bains s’est beaucoup exprimé sur le manque de « culture citoyenne » des jeunes qui, de leur côté avouent leur désintérêt et leur faible maitrise du langage utilisé par les adultes. Afin de pallier la faiblesse de la transmission parentale, il existe une solution du côté de l’intergénérationnel où des anciens pourraient apporter aux autres leurs savoirs et expériences.
  • Les équipements de proximité : Cette thématique a été abordée essentiellement par le groupe de Plateau caillou qui est probablement le plus représentatif de la réalité des écarts et du monde rural. Les participants mettent en avant les distances et les trajets longs entre les quartiers ruraux et le reste de la ville. Ils parlent de leurs besoins en aires de jeu, en salle de veillée…mais ils parlent aussi du besoin au niveau de la commune de disposer d’un crématorium pour éviter d’aller à Saint-Denis ou à Saint-Pierre.

 

2. Transition écologique : Cette thématique a été beaucoup plus traitée à Plateau Caillou et à La Saline-Les-Bains.

 

  • Pollution de l’air : Les embouteillages ont été associés à ce problème.La commune a un rôle d’exemplarité par rapport à l’usage de véhicules propres, à la mise en place de transport collectif de ses employés et d’étalement des horaires de rentrée et sortie des services. Les TCSP dans chaque grande ville ont été évoqués.
  • Dérèglement climatique et vie quotidienne : Le calendrier scolaire doit tenir compte des périodes de forte chaleur. L’avis des parents doit être pris en compte.
  • Biodiversité : L’éducation des générations futures est primordiale dès la maternelle et la principale menace de destruction vient des produits de lutte contre le chikungunya utilisés par l’ARS et autres produits chimiques utilisés en agriculture. Il faut sauver, au niveau communal, les semences des espèces végétales locales (« grainothèque ») et les diffuser chez les habitants.
  • Protection de l’environnement et économie : Les participants sont unanimement pour la protection des terres agricoles et le soutien à la production locale vers une forme d’autosuffisance alimentaire en anticipant la fin de la canne. Ils sont, aussi unanimement, contre le plastique et contre le glyphosate et les pesticides utilisés en agriculture et principalement dans la canne. Il y a là une cause de l’apparition de nouvelles maladies chez l’Homme. Ils sont plutôt favorables aux produits bio tout en étant sceptiques sur la qualité réelle des produits proposés sous ce label et en regrettant leur coût élevé. Certains ont proposé de généraliser, notamment dans les lotissements, les jardins partagés. Leur création et animation peuvent créer des emplois nouveaux.
  • Changement de comportements et incitations : « Il faut mobiliser les jeunes pour une nouvelle conscience de l’identité réunionnaise». Les mauvais comportements les plus stigmatisés lors des réunions sont liés à la propreté des sites et espaces publics. Il faut inciter et punir les usagers et mieux former les gestionnaires publics. Il faut par ailleurs contribuer à la baisse du coût des produits locaux et à la production d’emballages recyclables pour inciter les consommateurs à changer leurs habitudes.
  • Transports alternatifs : Pour les participants, les transports collectifs sont une solution mais demeurent inadaptés et coûteux.
  • Transition énergétique : On a rappelé l’opposition des écolos à la géothermie, la nécessité de faire des économies d’énergie et d’éduquer les gens en ce sens, enfin d’augmenter la production photovoltaïque.

 

3. Fiscalité et dépenses publiques

 

  • Amélioration de l’information : Il faut une volonté de transparence sur les recettes et dépenses publiques. La population doit être consultée et associée sur les projets importants. Les associations peuvent être un bon relais. Les outils de consultation peuvent être améliorés.
  • Équité et efficacité : Les participants demandent l’exemplarité de l’État en ce domaine. Ils dénoncent l’évasion fiscale et les GAFA, l’octroi de mer qu’il faut faire évoluer, la situation des retraités, l’augmentation des charges sur les TPE, la nuisance des lobbies et les inégalités entre les 10% des familles qui détiennent le capital et le patrimoine à La Réunion et les autres. Il est souhaité un réinvestissement local des bénéfices acquis par les entreprises monopolistiques, une continuité dans la gestion des projets en cas de changement de mandature et une plus grande rigueur dans le respect des budgets votés pour ces projets.
  • Economies à réaliser : Les participants constatent le manque de moyens de l’État. Ils en trouvent les origines dans les dépenses somptuaires, le coût de la décentralisation, la fuite des capitaux à l’étranger, la non-imposition des multinationales, le manque d’éthique et de contrôle des décideurs publics. À la Réunion, ils rajoutent la sur-rémunération des fonctionnaires comme point de gaspillage. Les solutions avancées sont la baisse des effectifs de la fonction publique, le renforcement des pouvoirs de la commission de moralisation de la vie publique ainsi que la suppression progressive des 35%. 
  • Affectation choisie de l’usage de l’impôt : Dans les 3 groupes, on estime que le paiement de l’impôt doit être justifié par des services publics de qualité dans plusieurs domaines (amélioration du cadre de vie, actions de proximité…).

 
4. Organisation de l’Etat et services publics

 

  • Formation agents de l’État : Il faut former les hauts fonctionnaires de l’État pour leur éviter de nous replonger dans la crise. Il faut aussi, selon les membres des groupes, préparer les agents à la polyvalence de service.
  • L’organisation administrative : Certains participants estiment qu’il faut un re-découpage de la commune actuellement trop grande. Il y a là un gain de proximité à trouver.
  • Transfert des missions de l’État aux collectivités : Les participants regrettent que l’État transfère des compétences à d’autres collectivités sans leur en donner les moyens financiers (ex : RSA aux départements ou GEMAPI aux EPCI) et sans analyser si ces dernières en ont les moyens humains de qualité. De même, certaines missions sont renvoyées sur les associations et leurs bénévoles.
  • Accès aux services publics et numérisation : L’information aux usagers est mal faite.
  • Dématérialisation et accompagnement : Principalement à Plateau Caillou, il a été évoqué le problème des catégories d’usagers les plus sujettes à la fracture numérique. Celles-là ont besoin d’un accueil et d’un accompagnement de proximité par une cellule spécialisée dans le traitement de la précarité.
  • Guichet unique et maisons de services, évolution des services publics : Pour tous, il est évident que le regroupement de services en un même lieu de proximité facilitera la réponse aux usagers.
  • Amélioration des services de l’État dans les territoires en difficulté : Pour le groupe de Plateau Caillou, les zones en difficulté demandent que « l’humain » soit la priorité de l’intervention publique avec encore plus de proximité et une collaboration forte entre la Mairie et les associations locales.

 
5. Démocratie et citoyenneté

 

  • Confiance en nos élus : Le climat de défiance envers les élus est largement exprimé. « Ceux qui demandent des efforts de citoyenneté et se votent des lois pour échapper à la solidarité » ont une image négative : responsables de la vie dure de leurs concitoyens, absentéistes, corrompus, à la solde des lobbies, manquant de formation… Les demandes sont précises : un homme, un mandat, un casier judiciaire vierge et surtout de l’écoute envers les administrés.
  • Système de vote : En lien direct avec le point précédent, les participants ont évoqué la participation en baisse constante aux différents scrutins et le manque de conscience civique. Ils proposent le vote obligatoire, en semaine ou le dimanche selon les avis, avec une part de proportionnelle et une prise en compte des votes blancs. Certains pensent même à une nouvelle constitution, où La Réunion est territoire autonome, avec un système éducatif propre basé sur un bilinguisme Français/créole.
  • Démocratie participative : Dans les groupes, certains ont déjà participé à des exercices similaires (États généraux ou Assises de l’outre-Mer) sans avoir le sentiment de l’utilité de leur implication. Ils parlent de l’obsolescence du système représentatif et de sa conséquence : le désintérêt pour la chose publique. Face à ce phénomène, ils soulignent l’importance de leur engagement notamment dans les Conseils de Quartier qui sont de bons espaces de participation citoyenne même s’ils sont mal connus.
  • Référendum (local / national) : Plusieurs personnes prônent le RIP« en toutes matières » et à minima sur les grands projets.
  • Engagement citoyen et comportements civiques + Place des associations et des syndicats : Pour beaucoup de participants, les associations sont le meilleur outil pour l’engagement et de la dynamisation de la vie locale. Elles ont tendance à diminuer en nombre et on déplore une baisse du bénévolat. Elles doivent avoir des moyens de fonctionnement. Il est urgent de développer des modules obligatoires de formation citoyenne moderne, ludique basée sur une pédagogie active.
  • Nombre d’élus + Rôle des assemblées : Il y a un accord général sur le trop grand nombre d’élus (députés et sénateurs) ainsi que sur le besoin, spécifique à La Réunion, de créer une Assemblée Unique regroupant le Département et la Région. Par rapport au manque d’assiduité qui est parfois très visible dans certaines assemblées, il est demandé des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion de l’élu.
  • Valeurs républicaines : Pour tous, ces valeurs doivent faire l’objet d’un enseignement dès le plus jeune âge et tout au long de la vie.


 
Les attentes formulées pour la suite :

Malgré les critiques diverses à l’encontre du dispositif, des institutions locales ou nationales et de leurs représentants, les citoyens qui se sont déplacés expriment individuellement et/ou collectivement le besoin et la nécessité de poursuivre et de pérenniser les échanges. Une belle opportunité à saisir pour les instances garantes de la démocratie participative. Même si le nombre des personnes présentes à chaque fois a été souligné comme insuffisant par les participants. Mais certains se sont déclarés prêts à faire du « démarchage ».

La question de la transparence et de la fidélité au regard du « matériau » collecté a été chaque fois abordée. Les participants ont adhéré aux consignes relatives à la charte et à la proposition d’envoi à chacun de l’intégralité du compte-rendu qui sera remis à la collectivité. Pour ce faire une fiche d’émargement avec les coordonnées des participants a été remplie à chacune des réunions.

Ces réunions s’inscrivent dans les trois modalités proposées pour répondre à l’animation du Grand Débat National dont les participants locaux attendent le retour, notamment pour voir si leur spécificité exprimée aura été entendue et prise en compte.

 

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